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Le pèlerinage : Un voyage de dévotion 2/2

Le pèlerinage : Un voyage de dévotion 2/2

hadj6Mina
Au huitième jour de Dhoul-Hidjah, les pèlerins se rendent à Mina, une plaine juste aux environs de La Mecque pour y camper et passer la nuit en préparation du grand jour de Arafat le matin qui suit. Pour Ibn Al-Qayyim, même la tente est symbolique, car comme il dit dans sa Qasîda mîmiyya : « Mon cœur campe dans Tes éternelles plaines ». C’est-à-dire que le cœur humain est protégé par l’enceinte de la Loi sacrée contre tous les périls qui existent.
Arafat
Au neuvième jour de Dhoul-Hidjah, les pèlerins se rendent à Arafat pour y passer la journée en prières sincères, implorant Allah, exalté soit-Il, de les combler de Sa miséricorde et Son pardon. Cette journée est tellement importante que le Prophète () a dit : « Le Hadj c’est Arafat ». Il a également comparé la scène du Jour du Jugement avec celle de Arafat : une vaste plaine avec deux millions d’êtres humains, tous enveloppés de linceul, qui ont besoin de la miséricorde divine.
Le mot ‘Arafa (singulier) ou ‘Arafât (pluriel) a la même origine sémantique que al-A’râf : les sommets du Jour du Jugement qui ont donné leur nom à la septième sourate du Coran. Tous ces noms sont dérivés de la même racine qui signifie  « savoir », dans le sens de la reconnaissance ou gnose. Certes, les gens des sommets sont ceux qui savent ou reconnaissent certaines réalités.
stele Muzdalifa et Mina
Après le coucher du soleil à Arafat, les pèlerins retournent à Mina en passant par Muzdalifa, où ils passent la nuit avant de continuer leur trajet après la prière du Fajr. Le mot « Mozdalifa »désigne un lieu ou une âme qui « s’est approchée », et ainsi cela nous rappelle encore une fois que nous sommes toujours proches d’Allah, exalté soit-Il. De retour à Mina, les pèlerins y passent jusqu’à quatre jours de plus en prières, en plus des actes cultuels supplémentaires : sacrifier des bêtes pour Allah, exalté soit-Il, se couper ou se raser les cheveux de la tête. Ils effectuent également un retour bref à La Mecque pour « le tawâf de la visite » et enfin « le tawâf d’adieu ». Le sacrifice commémore la volonté de l’ami d’Allah, exalté soit-Il, le prophète Ibrâhîm et son fils le prophète Ismâ’îl (Alaihima Assalam) pour s’être, par amour, soumis à la volonté de leur Bien-Aimé, même si cela exigeait un énorme sacrifice : tout d’abord, la vie de l’aîné de ses enfants, et ensuite de sa propre vie. Le sacrifice nous rappelle que nous devons être prêts à sacrifier notre propre temps, nos richesses et même notre vie pour la lutte pour la Justice et la Vérité, tous les deux des noms d’Allah, exalté soit-Il. Se raser la tête nous rappelle que le vrai pèlerinage a pour résultat le retour du pèlerin (de son pèlerinage) comme un nouveau-né, comme le Prophète () a enseigné – ceci est la compréhension islamique d’être né de nouveau, car les nouveau-nés ont également la tête rasée.
Le rite de la lapidation consiste en la lapidation de trois piliers de différentes tailles qui commémorent traditionnellement la défaite qu’Ibrâhîm () a fait subir à Satan lorsque ce dernier a voulu le tenter à trois endroits différents pendant son voyage de La Mecque vers Mina pour sacrifier son fils, un sacrifice qui fut remplacé par celui d’un bélier, une fois que la sincérité d’Ibrâhîm et d’Ismâ’îl (Alaihima Assalam) fut démontrée.
Les (trois) piliers de différentes tailles représentent le fait que certaines tentations diaboliques sont plus fortes que d’autres. Le rite de la lapidation est effectué dix fois en totalité, à l’aide de sept cailloux de taille moyenne à chaque fois : le Prophète () a encouragé la modération même dans le choix de la taille des cailloux. Un total de 70 pierres est ainsi utilisé. Le jet de chaque pierre est accompagné de l’expression « Allahu Akbar (Allah est le plus Grand) ». Ceci étant l’une des expressions les plus puissantes et poignantes du takbîr pendant l’expérience du pèlerinage.
medinaMédine
Même si légalement la visite de Médine et de la mosquée du Prophète () ne fait pas partie des rites du pèlerinage, le voyage spirituel n’est pas terminé sans cette dernière, donnant ainsi aux pèlerins l’occasion magnifique de saluer leur chef bien-aimé, leur Prophète et Messager. Un dicton islamique que l’on entend souvent dit : « La Mecque c’est la Majesté et Médine c’est la Beauté ». La dualité « Le Djalâl (Majesté) vs Le Djamâl (Beauté) » des Noms divins (la voie de l’Islam) se manifeste ici dans la superbe nature montagneuse de La Mecque et la nature sereine et pacifique de Médine. Dans l’ensemble, l’expérience unifiée et globale du pèlerinage est une projection de notre voyage dans le sentier vers le Seul Dieu dans toute Son unité.
Le pélerinage : Un voyage de dévotion 1/2

Le pèlerinage : Un voyage de dévotion 1/2

hadj2Entouré de symbolisme et de spiritualité, le pèlerinage est un ancien rituel accompli depuis l’époque d’Ibrâhîm ().

Le pèlerinage est un voyage plein de symbolisme, car il représente le voyage de l’âme vers Allah, exalté soit-Il. Chaque étape et chaque aspect du pèlerinage est rempli de sens profonds au sujet de la vie, de l’adoration et des réalités de la foi, plus particulièrement l’amour et la crainte d’Allah, exalté soit-Il.
Son moment :
Deux mois lunaires uniquement séparent la fin du mois de Ramadan, mois du jeûne et du Coran, et le début de Dhoul-Hidjah, littéralement “le mois du Hajj”. Ce qui signifie que les deux Aids (fêtes annuelles de l’Islam), associés avec le Ramadan et le Pèlerinage, ont lieu pendant un trimestre de l’année, laissant ainsi plus de neuf mois sans aucune fête importante. L’imam Ibn Taymiyya a observé qu’Allah, exalté soit-Il, convie ainsi Ses invités à accomplir le pèlerinage après s’être purifiés par le magnifique mois du jeûne, les prières, l’aumône, la discipline et la lutte interne caractérisant le Ramadan. Seules les âmes les plus pures effectuent vraiment le voyage vers la Maison sacrée et la présence d’Allah, exalté soit-Il.
L’état de sacralisation (ihrâm) :
L’état d’ihrâm, dont le nom a la même racine que le mot harâm, indique un état de sacralisation durant lequel de nombreux aspects licites sont temporairement interdits. Il s’agit d’une préparation à la visite de la Mosquée sacrée à La Mecque. L’imam al-Ghazâlî a dit que la Ka’ba est tellement sacrée et aimée d’Allah, exalté soit-Il, qu’une large zone l’entourant fut également déclarée sacrée, on ne peut ni y chasser ni même y couper un arbre. Même les criminels y trouvent refuge, car “quiconque y entre est en sécurité”.
De plus, simplement le fait de visiter la Ka’ba exige que l’on soit en état de sacralisation avec les restrictions en vigueur imposées pendant cette période, restriction ayant trait aux habits, parfum et relations maritales. Tout ceci nous rappelle que dans le quartier et les environs de la Maison d’Allah, exalté soit-Il, nous devons être dans un état de conscience spirituelle accrue. L’interdiction de se couvrir la tête pour les hommes et le visage pour les femmes pendant l’ihrâm a pour but d’instiller (chez les pèlerins) un sentiment d’humilité devant Allah, exalté soit-Il ; ces pratiques, en d’autres périodes, nous rappellent l’importance d’être dignes devant Allah, exalté soit-Il, car (sens du verset) :
« Nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes la responsabilité (de porter les charges, de faire le bien et d’éviter le mal). Ils ont refusé de la porter et en ont eu peur, alors que l’homme s’en est chargé » (Coran 33/72).
L’habit revêtu pour l’ihrâm par les hommes consiste en deux pagnes de tissus non cousus identiques au linceul musulman – le vêtement du mort qui continue son voyage après la mort et vers les réalités plus transcendantes de l’au-delà. Par conséquent, en état d’ihrâm, nos vêtements nous rappellent la fragilité de la vie d’ici-bas.
tawaf2
La Ka’ba :
Elle fut le premier lieu de culte bâti par l’homme sur Terre : « bénie et une bonne direction pour l’univers » (Coran 3/96). C’est la raison pour laquelle certains savants avancent que c’est le premier homme sur Terre, Âdam () qui construisit la Ka’ba à l’origine, et que l’ami d’Allah, exalté soit-Il, Ibrâhîm () l’a reconstruite de nombreux siècles plus tard. La Ka’ba est l’archétype de la Maison d’Allah sur Terre, tout comme il existe une Maison d’Allah appelée « la Maison peuplée » (Coran 52/4) dans chacun des sept cieux, où les habitants de chaque ciel, tels que les anges, accomplissent leurs actes d’adoration.
Le Ka’ba est recouverte d’une étoffe tissée avec amour, la kiswa, qui est renouvelée et remplacée chaque année après le nettoyage de la Ka’ba. Le lavage et le recouvrement de la Ka’ba nous rappellent l’acte de nous laver et de nous vêtir de nos meilleurs habits pour aller à la mosquée, plus particulièrement pour les prières du vendredi et des Aids. Les ablutions (wudû` ou ghusl) sont bien sûr un symbole de purification du cœur de ses maux spirituels tels que le fait d’attribuer des associés à Allah, exalté soit-Il, l’avidité, l’égoïsme ou l’envie.
Certainement, la Ka’ba symbolise elle-même le cœur humain, comme l’imam Ibn Al-Qayyim l’a dit dans sa Qasîda nuniyya : « Le cœur est la Maison du Seigneur », car le cœur est capable de contenir la foi constante d’un croyant et la conscience qu’il a d’Allah, exalté soit-Il. Le hadith transmis à ce sujet est jugé faible, bien que ce qu’il affirme soit vrai. Les derviches tourneurs comparent leur pratique au tawâf, car ils tournent autour du cœur, qui est une maison d’Allah, exalté soit-Il, tout comme la Ka’ba.
L’imam Ibn Al-Qayyim mentionne la magnifique idée que la vraie couverture de la Ka’ba est la majesté de laquelle Allah, exalté soit-Il, l’a dotée, tissée avec beauté, tout comme le tissu de la kiswa est orné de calligraphie brodée et de formes géométriques. La Ka’ba reflète ainsi la Majesté (Djalâl) et la Beauté (Djamâl) des Noms divins.
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Le tawâf :
Cet acte cultuel nous rappelle le tawâf qu’accomplissent les anges autour de « la Maison peuplée » et autour du Trône d’Allah, exalté soit-Il, tout en glorifiant et en louant leur Seigneur. Le Prophète () a dit que le tawâf était comme la prière à la différence que nous avons le droit de parler pendant celui-ci. Toute prière, invocation ou formule de dhikr (évocation d’Allah) est permise pendant le tawâf, tout comme la récitation du Coran et même les conversations dont le but est la recherche du savoir.
En fait, les autorités religieuses conviennent que le tawâf est permis même en silence, car les organes du corps accomplissent leur adoration en tournant sept fois autour de la Ka’ba. Parfois le tawâf, plus particulièrement le tawâf al-ifâda pendant le pèlerinage, peut s’accomplir dans un tel état de fatigue que même le fait de le faire en évoquant Allah, exalté soit-Il, de manière silencieuse s’avère être une grande performance. La Ka’ba est une vision magnifique, plus particulièrement avec la foule de pèlerins qui effectue des circumambulations autour d’elle, un spectacle qui a une résonance universelle puisqu’il nous rappelle les orbites des planètes autour du soleil, de la lune autour de notre terre, du système solaire autour du centre de la Voie lactée, et de nombreux autres exemples que l’on trouve dans le monde matériel. Et au-delà de tout cela, il nous rappelle que chaque aspect de nos vies tourne autour du Très Miséricordieux (TSNA)[1].
maqam
Les deux rak’a-s suivant le tawâf :
Chaque tawâf (série de sept circumambulations de la Ka’ba) est suivi d’une prière de deux rak’a-s pendant lesquelles, en vertu de la Sunna du Prophète () on récite les sourates al-Kâfirûn et al-Ikhlâs respectivement dans les deux rak’a-s. Ces deux sourates sont les mêmes que nous récitons souvent pendant la prière surérogatoire qui précède la prière de l’aube, après la prière du coucher du soleil et lors de la prière de witr, les trois rak’ât à la fin des prières nocturnes surérogatoires. Nous récitons ces deux sourates, car la première représente le rejet de tout ce qui est adoré en dehors d’Allah, exalté soit-Il, alors que la deuxième affirme la Pureté absolue de l’Unicité d’Allah, exalté soit-Il.
Marcher et courir dans la vie :
Courir ou trottiner pendant les trois premiers tours de tawâf était une pratique du Prophète () et de ses Compagnons, qu’Allah soit satisfait d’eux, qui continue jusqu’à nos jours ; même si les gens qui suivent l’école hanafite estiment qu’il s’agissait uniquement d’une sunna temporaire conditionnée par ses circonstances d’origine : à savoir pour démontrer la fausseté des prétentions des païens de La Mecque que les pèlerins musulmans étaient fatigués par leur adoration et le long voyage en provenance de Médine. Nous courons ou trottinons également pendant le sa’î, les sept parcours entres les deux monts Safâ et Marwa, qui commémorent la recherche d’eau de la part de Hâjar, qui était assoiffée et qui se désaltéra suite au jaillissement de la source de Zamzam au pied de son fils nouveau-né, le prophète Ismâ’îl, ().
La combinaison de la course et de la marche rapide autour de la Ka’ba et entre les monts Safâ et Marwa nous rappelle que certaines de nos obligations et luttes dans la vie sont accomplies à un rythme régulier alors que d’autres sont effectuées avec plus d’efforts et d’urgence. Surtout que Safâ et Marwa figurent parmi « les lieux sacrés d’Allah » (Coran 2/158), tout comme le sont les animaux sacrifiés pendant le pèlerinage et l’Aid al-Adhâ ; et « quiconque exalte les injonctions sacrées d’Allah s’inspire en effet de la piété des cœurs » (Coran 22/32). Ce dernier verset du Coran est un rappel puissant du fait que nos cœurs doivent être imprégnés par “un sens du sacré”, une qualité qui fait défaut à une époque de plus en plus matérialiste et athée.

 … La suite au prochain article.


[1]TSNA (Traduction du sens des Noms et Attributs d’Allah) : Nous devons croire en tous les Noms, Attributs et Actions d’Allah tels que mentionnés dans le Coran et la Sunna de Son Prophète, , sans les nier, en altérer le sens, y chercher de ressemblance avec Ses créatures ou tenter de comprendre la forme et la nature qu’ils revêtent.
Le Hadj, cette saison remarquable

Le Hadj, cette saison remarquable

Les bénéfices individuels du Hadj sont indéniables : il purifie l’âme, l’éloigne des causes de faiblesse, fait en sorte qu’elle soit déterminée à renoncer aux péchés et aux mauvaises actions, et lui fait ressentir le plaisir de se rapprocher d’Allah, exalté soit-Il, et de tenir avec Lui une conversation intime dans les lieux qu’Il a, exalté soit-Il, magnifiés, en disant (sens du verset) : « Et quiconque exalte les injonctions sacrées d’Allah, s’inspire en effet de la piété des cœurs » (Coran 22/32).

Or, à cette occasion, nous aimerions mettre l’accent sur le côté social et l’aspect mondial du Hadj en tant que rassemblement au cours duquel les musulmans font un examen de conscience, louent Allah, exalté soit-Il, pour Ses bienfaits et sollicitent Son aide pour franchir les obstacles et les difficultés.
Si nous voulons comprendre la réalité telle quelle est, sans ornements, regardons le comportement des pèlerins lors de leur accomplissement des rituels du pèlerinage et regardons leur comportement après leur retour de ce grand rite. Nombreux sont ceux qui ont accompli le pèlerinage cette année et nombreux sont ceux qui effectuent régulièrement le pèlerinage chaque année, mais ils insultent untel lors de leur pèlerinage et portent atteinte à l’honneur de tel autre. Il se peut qu’ils s’abstiennent de nombre d’actes blâmables durant l’accomplissement du rituel du pèlerinage, mais une fois ce rituel accompli, ils recommencent à commettre leurs fautes passées en rompant leurs liens de parenté, en maltraitant celui-ci et celui-là, en s’appropriant indûment les biens d’autrui et en se montrant injustes envers telle ou telle personne. Si vous ouvriez leur cœur, vous les trouveriez comme ils étaient : hautains, vaniteux, rancuniers et envieux. Quel effet a donc eu le pèlerinage sur eux ?! Ces pèlerins ont-ils accompli le pèlerinage par habitude ou bien comme un acte d’adoration ?

Est-ce que ce genre de pèlerins se sont débarrassés de leurs habits normaux et ont revêtu l’habit de l’ihrâm alors qu’ils ne se sont pas débarrassés de leurs péchés ?! Est-ce qu’ils se sont rasés la tête ou coupés les cheveux alors qu’ils n’ont pas cessé d’opprimer les membres de leur famille, leurs proches parents ou les faibles ?!

Celui qui accomplit le pèlerinage par adoration d’Allah, exalté soit-Il, exclusivement et pour se rapprocher de Lui, voit son comportement et ses mœurs s’améliorer, même s’il n’a accompli le pèlerinage qu’une seule fois dans sa vie.

Le fait que nous ayons souligné les mauvaises pratiques de certains pèlerins au cours de la saison du Hadj ne signifie pas que nous devions omettre l’influence et le rôle du pèlerinage pour rectifier la situation des musulmans et les placer sur le bon chemin, tant sur le plan individuel que collectif. Notre but en insistant sur ces mauvaises pratiques est de lutter contre elles afin de les réduire ou de les faire disparaître ; et cela ne peut pas avoir lieu sans sensibiliser les musulmans qui partent accomplir cette obligation.
Ceux à qui Allah, exalté soit-Il, a donné la grâce d’accomplir le Hadj ont remarqué que certains pèlerins avaient un comportement qui ne relevait pas de l’Islam et qui dérogeait même aux injonctions de cette religion droite. En fait, certains pèlerins ignorent dans une large mesure les règles du Hadj et le comportement à avoir pendant celui-ci. Par conséquent, ils nuisent aux autres pèlerins et donnent une mauvaise impression des musulmans et de leurs rites.
Voilà pourquoi les savants et les étudiants en théologie sont, autant que possible, tenus d’instruire et de conseiller les musulmans, que ce soit avant l’afflux des pèlerins ou après leur arrivée. Mais pour que cette instruction aboutisse et porte ses fruits, elle doit être le résultat d’études et de planification, élaborées par les oulémas. Or, la saison du Hadj constitue la meilleure occasion pour se réunir et discuter des problèmes des musulmans, qu’il s’agisse des problèmes se rapportant à l’accomplissement des rites, ou de ceux ayant trait à la situation des musulmans en général.
Le but majeur du Hadj est d’associer l’aspect religieux à l’aspect séculier, et ce, afin de combler les musulmans de bien et de bénédiction. C’est ainsi que se réalisera les deux bonheurs : celui du bas monde en procédant à la correction des erreurs et à l’éradication des points négatifs, et celui de l’au-delà en gagnant le pardon et l’agrément d’Allah, exalté soit-Il. Car aspirer à un objectif et pas à l’autre déroge à l’esprit du verset, dans lequel Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom d’Allah aux jours fixés » (Coran 22/27-28).
Enfin, voici une vidéo qui rappellera de beaux souvenirs à certains d’entre nous qui ont déjà eu l’occasion de faire le Hadj.
Se réveiller pour prier le fajr !

Se réveiller pour prier le Fajr !

Le Fajr ? C’est la prière de l’aube. Pour quelques-uns ce n’est pas obligatoire, pour d’autres c’est une fois de temps en temps et pour d’autres encore c’est un combat au quotidien. Le Fajr fait pourtant partie intégrante des 5 prières quotidiennes du Musulman. Le Prophète ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) a dit : « Les prières le plus pesantes pour les hypocrites sont salaat al-’isha’ et salaat al-fajr, mais s’ils savaient seulement ce qu’elles contiennent en récompense, ils viendraient même s’ils devaient ramper. » (Rapporté par Imam Ahmad, al-Musnad, 2/424 ; Sahih al-Jaami’, 133).

Pour certains d’entre nous, se réveiller à 5h40 (voir plus tôt) pour prier c’est quasi impossible, ou bien alors nous arrivons à nous réveiller et prier durant quelques jours et nous finissons par abandonner. Comment donc arriver à prier avec constance et dévotion cette prière du Fajr ? Des dizaines de sites internet proposent des conseils, astuces, en voici un résumé :

Parfois nous sentons notre foi augmenter à un point ou nous pensons que rien, ni personne ne nous arrêtera pour nous réveiller au Fajr. Pour retrouver cet état il suffit, avant d’aller nous coucher, de prendre le Saint Coran, lire quelques versets, faire un bilan de notre journée et orienter notre cœur et notre esprit vers Allah (Exalté soit-Il), faire nos ablutions et dire les invocations qui suivent et nous endormir. nous constatons que durant la nuit nous pensons à nous réveiller pour la prière du Fajr. Un exemple? Avant de partir en voyage nous préparons nos valises, nous pensons à notre destination à ce qui nous y attend, nous nous préparons psychologiquement et puis on s’endort, ne serait-ce que quelques heures, le lendemain matin, nous n’avons presque pas besoin de réveil, l’engouement que suscite le voyage nous fait lever du lit, droit comme un i. Se tenir devant notre Créateur ne devrait-il pas nous apporter une certaine joie et crainte par la même occasion?

Parfois nous nous sentons fatigués, nous avons l’impression que notre foi a baissé et que rien ne va plus. Malgré le réveil qui sonne on se dit encore « Juste 2 minutes de sommeil et je me lève » … 2 minutes s’ajoutent à 2 minutes et ainsi de suite, jusqu’à la fuite et le sommeil prend le large. Cela nous est tous arrivé au moins une fois, ne sommes nous pas avant tout des êtres humains. Pour y remédier, quoi faire ? Comment faire ?

– Connaissons-nous vraiment Allah (Exalté soit-Il) ? : Afin de nous réveiller et le remercier, le louer, est-ce que nous connaissons réellement notre Créateur ? Par exemple lorsque nous nous rendons à un entretien d’embauche par exemple, nous nous préparons durant plusieurs jours auparavant. Pourquoi ? Car le poste nous plait, nous connaissons le salaire, la société, l’objectif de l’emploi et donc du coup nous ne souhaitons pas rater cet entretien d’embauche, n’est-ce pas ?

– Avant de nous endormir, prenons le temps de faire nos ablutions, et de lire quelques versets du Saint Coran, ou un livre…et de méditer sur la création d’Allah (Exalté soit-Il). Demandons-nous comment serait notre mort et notre jugement si nous venions à mourir durant notre sommeil, sans avoir prié le Fajr ?

– Ibliss (Satan) urine dans l’oreille de celui qui ne se réveil pas pour la prière de fajr: ‘Abdoullâh Ibn Mas’oud raḍyAllāhu 'anhu (may Allāh be pleased with him) a dit : « Il fût évoqué auprès du Prophète ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) le cas de quelqu’un qui a dormi jusqu’à ce que le matin se soit levé, il dit : « Cet homme, Satan lui a uriné dans les oreilles (ou dans l’oreille) ». Imaginez la scène, ne serait-ce qu’un instant ? L’accepteriez vous de la part d’un être humain ? Que dire dans ce cas pour Ibliss ?

– La sincérité : Soyons sincère envers notre Créateur et vis à vis de notre propre personne. Ayons l’intention, forte et convaincue de nous réveiller pour prier le Fajr.

Se réveiller et invoquer son Seigneur pendant que tout le monde dort, voici une preuve d’amour et d’adoration vis à vis du Très Miséricordieux. Plaçons notre confiance en Dieu et disons-nous « Incha’Allah, demain matin je me réveille pour prier le Fajr, invoquer mon Seigneur et lui demander … ». Lorsque nous prions la journée et que nous demandons à Dieu 17 fois par jour dans la Fatiha, « C’est Toi [Seul] que nous adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours. » (Sourate 1 Verset 5) ; Comment est ce que nous l’adorons ? En ronflant ? En dormant ? Ou en sautant de notre lit pour invoquer notre Seigneur Allah(Exalté soit-Il) dit– « Ils s’arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur, par crainte et espoir; et ils font largesse de ce que Nous leur attribuons. » (Sourate 32 Verset 16).

Lorsqu’il s’agit de nous réveiller pour travailler, ou pour un rendez-vous important nous serions prêt à mettre 4 réveils et même demander à nos parents, conjoints de nous réveiller car on ne sait jamais… Pourquoi ? Affaire mondaine… Se réveiller pour le Fajr afin de remercier et louer Allah (Exalté soit-Il) et bien commencer la journée ? Où sommes-nous ?

Autre chose, si vous avez des enfants, ou même si vous n’en avez pas, et que votre conjoint, enfants ne prient pas, mettez vous dans le salon pour prier, nul besoin de se cacher, afin qu’ils puissent vous voir (s’ils sont réveillés) et ensuite après la prière, préparez un petit déjeuner (vous aurez largement le temps vu l’heure du Fajr) et parlez leur des bienfaits de se réveiller pour prier le Fajr, afin de les sensibiliser à se réveiller.

Enfin, de nos jours les opérateurs téléphoniques proposent les SMS et les Appels Illimités organisons-nous, avec vos proches et nos amis, chaque jour entraidons-nous dans l’accomplissement du bien et envoyons des SMS ou appelons nos proches afin de les réveillez pour le Fajr. Dieu dit : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. » (Sourate 5 Verset 2)

Cet invité nommé Ramadan

Cet invité nommé Ramadan

Cet invité nommé RamadanTout d’abord, excellent mois de Ramadan à toutes et à tous et que Dieu exalté soit-Il fasse de celui-ci un mois de recueillement, de quiétude et de paix intérieur.
Il est combien frappant de voir à quelle vitesse les jours filent et les années se succèdent ; le sage aura, dès lors, compris l’utilité du temps et la nécessité de le mettre à profit.
Car la vie est à l’image d’un livre dont les jours représentent les pages qui le composent, à nous de saisir la plume de l’action après l’avoir imbibé dans l’encre de la sincérité et de la fidélité à Dieu afin de rédiger les lignes de notre parcours que renfermera ce livre qui nous sera restitué un jour.
D’ailleurs, dans le Saint Coran, Dieu n’a de cesse d’évoquer le temps sous ses différentes manifestations : le jour; la nuit; l’aube naissante; l’aurore;…
Autant de signes qui nous accompagnent dans notre chemin de vie mais auxquels souvent nous ne prêtons guère attention,…
“Et rappelles-leur les jours de Dieu” nous dit notre Seigneur dans le Saint Coran (sourate/n°14, v.5) ; peut-être ces hommes se souviendront-ils qu’ils ne sont dans ce bas- monde que de passage !
Notre noble Prophète ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) excellait dans la métaphore, il disait, en substance, au sujet de la nature réelle de ce bas-monde :”Je ne suis qu’à l’image de ce passant qui se mit à l’ombre d’un arbre (pour s’y reposer) puis s’en alla et laissa celui-ci.” (Rapporté par Tirmidhy)
Ses disciples, sortis de son école, suivirent la même trajectoire et savaient estimer cette vie d’ici-bas à sa juste valeur.Le compagnon Abu Dardâ’ raḍyAllāhu 'anhu (may Allāh be pleased with him) fut, un jour, témoin de cette frénésie pour le luxe et les plaisirs mondains qui emporta les Damascènes (les habitants de Damas), il gravit alors les échelons de la tribune de la mosquée de Damas et lança un appel retentissant à l’adresse de ceux et celles qui oublièrent le sens de leur présence : ” Ô vous les Damascènes ! Qu’avez-vous à ne pas écouter ce conseil d’un frère qui vous veut du bien ?
J’observe que vous amassez d’immenses fortunes; vous érigez de solides édifices et vous avez de grands espoirs (en cette vie) alors que ce que vous rassemblez deviendra regret; vos édifices ne seront que des tombes et vos grands espoirs se transformeront en chimères.”
Ceci ne signifie bien entendu pas que nous ayons à “lâcher” ce bas-monde au nom d’un ascétisme qui ne serait que défaitisme, oisiveté et fuite en avant.
Bien au contraire, la voie à suivre, dans notre manière d’approcher ce bas-monde, nous est déjà tracée par le Saint Coran :”Souhaites par ce que Dieu t’a donné l’au-delà mais n’oublies pas ta part dans ce bas-monde.” (Sourate Les Récits/n°28, v.77)
Le mois du Ramadan est, à juste titre, le mois durant lequel nous serons invités à repenser nos priorités et à recentrer nos champs d’intérêt sur l’essentiel.
A cet effet, de nombreuses questions attendront des réponses sincères suivies d’actes concrets : Comment devenir meilleur ?
Comment revivifier son cœur trop longtemps plongé dans l’insouciance et la torpeur, et l’ouvrir à son Seigneur ?
Comment réformer notre état social et communautaire afin d’effacer les tares de la désunion et de l’égoïsme ?
Le mois du Ramadan c’est aussi, par excellence, le mois du Saint Coran et du recueillement par la prière et la dévotion.
Il ne nous vient pas souvent à l’esprit que le jeûne ne fut institué durant ce mois, particulièrement, que pour remercier notre Seigneur d’avoir fait descendre cette lumière céleste appelée à guider l’Humanité qu’est le Saint Coran, et pour célébrer cet évènement. “Dieu élève par ce Livre des gens et en rabaisse d’autres” disait le Prophète ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) dans cette tradition rapportée par al-Bukhary.
Quelle place occupe-t-il réellement dans notre vie et jusqu’à quel degré l’inspire-t-elle ?
La prière, à son tour, est un autre moment fort de ce mois béni.
Le Prophète ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) aimait ce moment et l’attendait avec impatience, il disait d’ailleurs souvent à son disciple et muezzin (l’appelant à la prière) : “Procures-nous la quiétude par la prière, ô Bilal !”
Autrement dit, fais en sorte que l’appel à la prière précipite ce moment tant attendu.Au moment même où de notre côté, nous l’accomplissons avec paresse et insouciance comme s’il s’agissait d’une corvée dont il fallait se débarrasser !
Le Sheikh Mohamed al-Ghazaly (que Dieu le couvre de Sa clémence) avait vu juste de rappeler, dans son célèbre livre consacré à la biographie du noble Messager ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him), la double symbolique à saisir derrière le fait que la prière représente le seul devoir religieux qui ait été transmis à notre Prophète ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) lors de la nuit de l’Ascension et sans l’intermédiaire de l’Ange Gabriel.
Il fut transmis lors de la nuit de l’Ascension afin de symboliser cette élévation vers les hauts degrés de la foi et de la bienfaisance et la libération de l’être matériel en vue d’accéder au monde spirituel.
L’Ange Gabriel n’en fut pas l’intermédiaire car il s’agissait de convoquer l’Elu auprès de son Maître afin de lui remettre personnellement cette charge lourde de conséquence qui définira le devenir de tout un chacun dans l’autre monde.
Enfin, le mois du Ramadan est également une mémoire vivante qui nous rappelle sans cesse ces grands évènements immortalisés dans les pages de notre histoire et qui installèrent à tout jamais notre Umma sur la trajectoire du Temps : la bataille de Badr ; la prise de la Mecque, pour ne citer que ces deux évènements.
Ces hommes et ces femmes autour de l’Envoyé ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) qui ont consentis tant de sacrifices et de souffrances pour que la voix de l’Islam nous parvienne à travers les siècles ; que savons-nous d’eux ?
Honorons-nous dignement leur mémoire ?
En tous les cas, ce mois béni promet d’être chargé en rappels pour « quiconque sait raisonner, entendre la leçon et la retenir » (Sourate Qâf/n°50, v.37)

M.K